| Ecrit par Wouakenwol, le 03-07-2007 23:39 |
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Le mec que j’ai en face de moi pour mon entretien d’embauche n’est autre que le boss de la C.I.M.O, abréviation du terme pompeux : Comptoir International du Motocycle. C’est aussi la plus belle ordure que j’ai connu, mais je ne le sais pas encore…. En 30 minutes d’entretien, durant lesquelles il n’a fait que me poser des questions en se grattant les couilles et en mollardant dans sa poubelle, je cerne un peu mieux le beau gosse au regard de crocodile qui parait de prime abord un peu dingue, mais assez sympathique. Son bouclar, c’est son bébé : il a inventé ce concept de magasin ouvert à tous sans rdv, spécialisé dans l’occase moto.
Après une première association terminée abruptement avec un des plus gros requins de la région Parisienne du milieu moto, il a déménagé son concept dans les locaux actuels de la rue Marcadet. Le bouclar en jette : 150 motos très propres, révisées, contrôlées et finalement exposées dans un hall en sous sol de belle taille. Vingt cinq employés en permanence : 18 ou 20 mecs complètement frapadingues de moto, unis dans la même passion, la même connerie, la même folie ; et 5 ou 6 meufs qui ont secrètement gardé l’espoir de ne pas avoir été embauchées sur leur physique….. HAHA….…les pauvres… En vitrine gisent, baignant dans leur huile (pisse ??), quelques vieilles gloires qui feraient verser une ou deux larmes à ceux qui ont connu l’époque des H1, H2, GT750, 750 Four… Un CBX à 6 pattes préparé par je ne sais plus quel sorcier local sert aussi de mascotte au magasin, magasin qui compte un turn-over de personnel qui figure au Guinness Book et dont Mac Do envie secrètement la performance…. Complètement abasourdi par la puissance du 1100ZZR libre que j’ai entre les pattes, j’ouvre en grand la post-combustion ce qui a pour effet de me faire passer immédiatement en vitesse lumière. Le Faucon Millénium du Captain Solo a bien essayé de me suivre un moment, mais il a dû s’incliner… Tandis que le 4 pattes hurle sa race avec une violence inouïe, je m’accroche au réservoir en serrant les jambes, tel Patrick Edlinger escaladant les calanques de Cassis à main nues avec juste un p’tit short de tapette. A chaque accélération, la brutalité du bloc Kawa m’hallucine complètement, jamais vu un truc qui poussait autant (on est en 1992). C’est velu grâve. L’avantage de bosser dans un bouclar de meule, c’est –entre autre- qu’on essaye tout ce qui passe …. Quand Bruno, le chef d’atelier psychopathe m’a dit : « François, tu files chez Evasion récupérer les pièces neuves que j’attend, prend un sac à dos, et magne toi le cul peske j’ai pas toute la journée : faut que le 1000FZR de l’aut’ tafiole soit remonté pour ce soir, t’as qu’à prendre le ZZR qu’est dehors, comme ça tu me diras par la même occasion si y marche ou si on a repris un tréteau, et pis fait un détour au commissariat de La Goutte d’Or, ya Olivier qui va te filer un truc pour moi ; pendant que tu y es fait la remise de la banque dépêche toi tu devrais déjà êt’ rev’nu. »… j’ai cru halluciner…. Faut dire que l’atelier, y tournait dans c’te turne….rien à voir avec le reste du monde… Ce ZZR, on l’a revendu à un gangster, un mec qui rackettait les cafés de la Porte de Clignancourt, et régnait sans partage, si ce n’est avec son frère, sur les puces de St Ouen. Constamment enfouraillé, faut reconnaître qu’il était plutôt marrant, surtout pour draguer : quand une jolie fille passait à proximité, il faisait négligeament tomber une liasse de 10cm de biftons de 500 balles en disant : « Oh merde, escusez mad’moiselle, vous z’êtes charmante, vous m’aidez à ramasser s’il vous plait ??? »…. Une variante consistait à jeter les billets un par un devant sa proie en criant : « Petitpetitpetit….. »… Quand y faisait ça devant le magasin, on s’est piqué quelques crises de fou-rire…. Il était pas chaud pour prendre un ZZR, lui y voulait un 11R Air Huile, mais on n’en avait pas, alors le chef des ventes, alias Marco la grande blonde, avait réussi à le convaincre d’acheter ce ZZR, ZZR qu’il a payé cash, et en liquide s’il vous plait… soit environ 60000 balles… Donc, si y avait un mec, un seul, sur qui y fallait pas que la meule ait des emmerdes après, c’était lui….. Le lendemain, y rentre furibard dans le bouclar, la béquille centrale du ZZR dans la main, et la balance à travers l’atelier en hurlant comme un trépané…. Il l’avait perdue sur l’autoroute à plus de 200…… On a réussi à le calmer…. un peu… Le pire, c’est qu’il était allé la chercher, la béquille…… Un soir d’Octobre 1992. On va tous bouffer dans un resto connu du boss, dans Paris. Evidemment, 18 mecs complètement allumés qui partent ensembles du même endroit, ça fait du bordel… On se retrouve TOUS arrêtés à un feu de la Place Clichy……… ça sentait la poudre…. personne ne parlait, le bide serré, prêt à latter son voisin pour partir devant lui….. Un quart de z’gonde avant que le feu passe au vert, je décolle comme un narvalo avec mon 350LC, la roue avant à 20cm du sol, et je me tape un holeshot de folie….. Y’en a pas un qu’a bougé …. Tellement surpris qui z’étaient… jusqu’à la seconde d’après où, dans un hurlement de fin du monde, les 17 autres arrachent le bitume dans un bruit de B17 au décollage. La Place Clichy ne s’en est jamais vraiment remise….. Pour se garer à proximité du resto, pas besoin de tergiverser : tout le monde en vrac sur les trottoirs…. Quand les serveurs du gastos nous ont vu entrer, y se sont tournés dans un bel ensemble vers leur boss qui était à la caisse, interrogateurs….. Lui nous a accueilli normalement, connaissant bien notre boss, qui était avec nous. 2 heures plus tard on se faisait jeter dehors comme des sdf, sous prétexte qu’Emile –le responsable des entrées moto- était monté, complètement noir, sur une table pour nous montrer sa bite….. On est tous partis fin bourrés, on n’a payé que le minimum et on n’y est jamais retournés…. Mai 1993. Notre boss est revenu il y a trois mois de Boston où il a acheté pas cher une trentaine de bécanes pour les rapatrier en France. Le 15 Gold que j’ai entre les pattes est magnifique, même si j’aime pas les Golds. Exemplaire unique en France, 17000Miles, couleur vert d’eau avec un tas d’accessoires : repose-pieds autoroute, pose canette, selles confort, chauffage et tout le bordel … Acheté 60000 balles à Boston, revendu sur photo avant même son rapatriement 125000 balles (faut juste compter 3000 balles de bateau et autant d’homologation….. Homologation qu’il nous revient d’effectuer à moi et à mon pote qui lui, homologue un autre GoldWing, noir celui-là. Sur la N1 en direction du Nord, le premier soleil nous réchauffe un peu la couenne, tandis qu’on roule de concert côte à côte à 110, les pieds sur les repose pieds autoroute, les radios calées sur la même chaîne sur un air de John Fogerty. Les 12 cylindres chantent en coeur, il fait bon, on se regarde et on apprécie en souriant… On a RDV avec la DRIRE de Gonesse, mon pote dont la moto est conforme, y va en premier, je l’attends dans une impasse 300m avant…. Quand il revient avec le papier d’homologation, on démonte son feu arrière, son phare et deux-trois autres conneries, qu’on remonte sur mon Gold parce que lui, n’est pas conforme……. Mars 1992. Le magasin ouvre à 10h, mais le boss veut qu’on y soit à 09h30 peske c’est comme ça…. Toujours un des premiers arrivés malgré la distance que j’ai de chez moi pour venir bosser, je prépare ma journée. J’ai 2-3 reprises en attente et un lot de machines qui arrive de chez Motoscopy au Raincy et je prépare mes dossiers quand le téléphone sonne à l’atelier. Bruno, le chef d’atelier schizophrène, me gueule de la mezzanine : « François, regarde et dis moi si ya un VMAX dehors devant le magasin ». Je sors et ne voit rien. Je lui transmet et 2 minutes plus tard Bruno descend à mon bureau en me disant : « Putain, on est mal, on s’est fait tirer la meule d’un client… » En fait le fameux client était passé à 08h00 du mat’ déposer son VMAX devant la porte pour qu’on lui fasse une révision, et il n’avait rien trouvé de mieux que de pas l’attacher……. A 11h, quand le boss arrive, on le met au courant et on organise une visite surprise dans la cité d’à côté…. Y nous connaissent déjà… Chacun s’arme d’une barre à mine, d’un tube en acier, ou d’une perceuse sans fil et on débarque en force dans la cour du premier bâtiment. Et là, surprise, un VMAX…. attaché au grillage avec un antivol ! Bruno vérifie les numéros, ça colle….Je vais chercher une disqueuse et le groupe électro du magasin, et cinq minutes plus tard j’ai découpé l’antivol des racaillous…. Y nous regardaient bien faire de leur fenêtres, mais curieusement personne n’est venu se plaindre….. Quand on a annoncé ça au client, y nous a payé le Champagne….. Décembre 1992. Un Samedi soir avant la fermeture. Occupé à racheter la machine d’un client, je vois passer devant moi GURONZAN. On l’appelle comme ça, rapport à son flegme…. Ce mec à l’aspect plutôt camé se pointe systématiquement le Samedi soir 15minutes avant la fermeture, et monte sur toutes les motos de l’exposition, et en Décembre, yen a 200….. 10 minutes plus tard, j’entend dans l’expo un grand VLAM, suivi d’un second, d’un troisième, d’un quatrième … Sept en tout …. Je passe la tête dans l’expo et voit avec effroi 7 machines au tapis. Que des sportives. GURONZAN s’était assis, mal, sur la première et l’a faite basculer sur la suivante, qui est tombée sur la troisième, etc..etc… Y voulait partir, le con… On l’en a un peu empêché…. Jusqu’à ce qu’il nous donne les coordonnées de son assureur…. Ca s’est réglé sans histoires, sauf qu’après, quand y venait, on le foutait dehors… La gamine à la moue boudeuse qui vient d’être embauchée (à l’essai, bien entendu…) pour une tâche … indéterminée, passe en tortillant du fiacre devant moi. Elle est fine, menue même, mais a un visage vraiment mignon. Je ne peux pas m’empêcher de penser que le boss l’a embauchée avec une idée derrière la tête….. 2 semaines plus tard, je glande avec la grande blonde sur l’expo en racontant des conneries, quand on voit passer rapidement devant nous notre nouvelle recrue, qui se précipite vers les toilettes…. 10 secondes plus tard, le boss arrive en rigolant et nous demande « vous avez pas vu passer Pipe 30’ ?? « On se regarde, incrédules… Ben, oui, il l’avait surnommée comme ça, en rapport avec sa rapidité à …. oui enfin bon, comme pizza 30’, quoi …… En fait c’était une ultra chaude, et elle allait bien avec le boss, elle a tenu plus longtemps que les autres, elle…. Un midi de Décembre 1992, le boss vient me voir et me dit : « t’as pas vu Jean-Paul, ce matin ?? ». Jean-Paul est un comptable embauché il y a à peine un an, à qui le boss a donné sa chance à sa sortie de prison. Ca faisait 3 jours qu’il était absent sans motif, et il commençait à s’inquiéter…. Il va voir la chef comptable et lui demande de vérifier les comptes depuis les trois derniers mois… 2 heures plus tard, le verdict tombe : y manque 300000 balles…. En fait le Jean-Paul, divorcé, ne voyait jamais sa fille à cause d’une ex femme acariâtre, et il avait décidé de l’emmener en balade. Les condés l’ont retrouvé dans un hôtel à Nice, avec sa fille, y cherchait même pas à se cacher. Y s’est fait embarquer, mais les 300000 balles, on les a jamais revus… Je pense qu’il avait voulu que sa fille se rappelle de lui. J’ai toujours eu les boules pour cette histoire… Un samedi matin de Janvier, tout est calme. J’ai pas grand-chose à foutre, et j’observe le manège de Marc, un de nos vendeurs, avec Cathy, une nana des bureaux… Ca fait trois fois depuis ce matin qu’ils se retrouvent aux chiottes ensembles, et y croient que je les voient pas…. Vu le boucan qu’ils font contre la porte, je vois pas comment j’aurais pu louper un seul épisode… Je fais signe à Bruno le malade mental de l’atelier, et on s’approche doucement….. Il a pris un maillet en bois, et pendant que les deux excités jouent à la bataille navale dans les toilettes, on se met à cogner comme des dingues contre la porte lui, avec son maillet, en gueulant « Police des mœurs, vous êtes en état d’arrestation »…. Cathy est sortie en cavalant, rouge comme une Hondacaca, elle avait pissé dans sa culotte de trouille…. Marc est sorti, détendu, un petit sourire aux lèvres, et a refait sa banane devant la glace, comme si de rien n’était… Maintenant ils sont mariés et on deux petits superbes…. Un autre samedi matin, speed celui-là. On avait eu une semaine de folie, des merdes dans tous les sens, un boulot de fou et plein de couilles à régler. Bruno l’aliéné était dans un état de nerf indescriptible. J’avais le nez penché sur mon pc, Bruno le ouf cavalait à droite à gauche, et dans la station rapide (pneus, kit chaines etc…etc..), yavait un 750ZXR sur un pont, à 1 mètre du sol…. Tout à coup, j’entends BLAM… Je penche la tête, et je vois pas le ZXR sur le toit ? Ben si. Ouioui, vous avez bien lu : SUR-LE-TOIT. Le mécano l’avait accroché par une poignée, mais c’étaient des poignées mousse… elle a glissé et le bazar est tombé en équilibre exactement à l’envers, comme quand on retourne un vélo pour démonter les roues… Bruno l’excité a piqué une vraie crise de nerf : il chialait comme un môme…. Nous, on se pissait dessus de rire …. L’assureur a fait son boulot. Un matin où j’arrive en avance, j’ouvre la turne et qu’est-ce que je vois dans l’entrée : le 1340 Springer expertisé à 180000 balles d’un très bon client et néanmoins ami, complètement râpé sur le côté gauche…. Putain, la tuile… L’explication, je l’ai eue 1 heure plus tard : le boss, fidèle à son habitude, avait un peu trop picolé hier soir, sans compter les substances plus ou moins illicites qu’il avait pu avaler en compagnie de 2-3 autres potes, et il avait décidé d’aller faire un tour sur les Champs avec le HD pour chasser, peske –je le cite- : « ces bécanes là, c’est des vrais aspirateurs à gonzesses ». Et pis y s’est vautré comme une merde. Il a prétendu au client/ami (qui est mort depuis) que c’était David (l’essayeur) qui s’était gamellé en testant sa machine…. L’assureur a refait son boulot. Mais nous, on était un certain nombre à l’avoir un peu en travers. Un soir le boss me convoque. Je descends dans son bureau/baisodrome et là, il m’explique, les pieds sur le bureau, qu’il avait besoin de moi pour porter chaque jour les remises de chèques et de liquide aux banques. Je lui demande pourquoi moi, et il me répond sans se démonter : « peske tu roules vite, et que tu tombes jamais, et que t’es le seul ici à réunir ces deux qualités ». Flatté, j’accepte et embarque illico la remise du jour. Faut vous dire que pour faire ce nouveau boulot, j’avais l’autorisation de prendre n’importe quelle machine de l’expo… (de préférence à nous, pas en dépôt-vente….bave…). Au bout de 6 mois de remises quotidiennes, un matin, je sors le 600XTE de la boite (y nous servait à faire les courses à droite à gauche, et dans Paris, ya pas grand-chose de mieux), et prend le chemin du Crédit Agricole. J’ai pas fait 100 mètres, que je vois démarrer dans mon rétro un gros cube avec deux mecs dessus, que j’identifie immédiatement au bruit comme étant un 900CBR. Il démarre sec et cherche à me ramarrer, c’est évident. Dans ces cas là, plus aucune règle ne compte : j’enquille immédiatement la petite route à droite en sens interdit sur le trottoir et slalome jusqu’au carrefour suivant. Comme il me suit, j’acquiers la certitude qu’il en veut à la remise. Mais y me connaît pas. Connaissant le Paris mieux que ma poche, je lui fait un festival de droite-gauche, slalome entre les caisses, monte les trottoirs, prend les sens interdits, les rond points à l’envers, grille les feux rouges, et en 3 minutes je ne le vois plus. Arrêté à un feu je me retourne et le voit au loin en train de se débattre, englué dans la circulation infernale de la Place Clichy aux heures de pointe. Profitant de mon avantage, je tape la première petite rue qui me vient, et m’aperçoit que c’est une impasse menant au cimetière de Montmartre…. Pas le temps de réfléchir, j’attaque l’escalier avec le 600XT, et en trois bonds, je me retrouve en haut ! J’en revenais pas d’avoir réussi ça du premier coup… J’ai jamais revu le 900 CBR… Le lendemain, fier, je reprends l’escalier….et je m’y suis vautré comme une grosse merde. Le guidon s’est coincé sous la rambarde et le porte-paquet contre le mur. J’ai mis au moins 10 minutes à la désincarcérer à grand coups de latte…. Un samedi soir on reçoit 6 pocket-bikes neufs du magasin Honda d’à côté. On a beau avoir 30 piges, on reste toujours l’enfant qu’on a été… Comme y avait bataille pour les essayer, on a organisé des tours après la fermeture. On a balisé le quartier, et on a improvisé une course autour du pâté de maison. On avait parmi nous à l’atelier un pilote. Un vrai. Ce mec a été champion de France Monobike en 1989 et sous un calme étonnant, il pourrissait tout ce qui roule. Il utilisait l’angle des trottoirs comme point d’appui pour ses pneus pour mettre les gaz encore plus tôt… Comme il était évidemment en tête, et qu’on se démenait pour le suivre, deux sont tombés ensembles, un a serré, l’autre a tapé une bagnole en stationnement (moi… chuis sorti un peu large…) et le dernier était à la ramasse. Hervé avait encore gagné… et la boite avait perdu 4 pockets neufs….. Claire est penchée à quat’ pattes dans un carton de sacoches réservoir BAGSTER dans une position que seul un séminariste homosexuel n’aurait pas remarqué….. Les quatre clients accoudés au comptoir, eux, n’ont d’yeux que pour elle… Faut d’abord que je vous dise que Claire, c’est un des plus beaux CULS de la création…. UN CUL D’DEESSE, nom de Dieu. Elle porte magnifiquement une quarantaine légère et son fiacre n’a d’égal que la paire d’obus de 380 archi-tendus qu’elle te mets sous le nez quand elle te parle de près, de très près même, vu qu’elle est myope… Cette fille a fait exploser les chiffres de vente des accessoires… les mecs venaient le soir après le boulot rien que pour reluquer ce fion si généreux moulé dans un éternel jean usé très serré et aussi un peu déchiré aux bons endroits….. Incroyable. Le pire, c’est qu’elle était très innocente, cette fille, et très sympa, elle piquait des fou-rires qui retournaient tout le magasin… Elle n’est pas restée longtemps, je sais pas ce qu’il s’est passé. Ou plutôt, je le suppose….. le boss a dû vouloir exercer son droit de cuissage… il a dû prendre un râteau. Véro, c’est la meuf du meilleur pote de mon boss. Ca l’a jamais empêchée de me faire du gringue négligeament. Elle bosse derrière le même comptoir que moi et rapidement, je me suis demandé comment elle faisait pour que je voie systématiquement son soutif ET son string (sauf les jours où elle en a pas….. ) tous les jours que Dieu, dans son immense bonté…, fait…. Elle était plutôt mignonne et un peu aguicheuse, et à vrai dire, la moto, elle en avait rien à foutre… Cette meuf, elle avait un humour particulier : un jour un baltringue se pointe avec sa blondasse (j’ai rien contre, c’est juste une figure de style), avec la ferme intention de lui en mettre plein…….la vue. Ce genre de personnage dont la connerie n’a d’égal qu’un compte en banque bien garni, était venu au magasin avec l’idée d’acheter un VMAX. Comme y connaissait rien aux meules mais qu’il s’y connaissait à merveille en tchatche vaine et inutile, il alpague Véro devant sa blondasse en lui disant : « eh, dis moi, c’te plait, je vois qu’elle est débridée cette VMAX, donc, combien elle fait de chevaux, au moins 200, non ? »… Véro lui répond en remontant ses lunettes : « oh oui, au moins…. »… A vrai dire elle en savait foutrement rien et surtout ça lui passait complètement au dessus du porte-jaretelle. Elle avait juste repéré les capacités intellectuelles déficientes du neuneu et avait simplement décidé de se foutre de sa gueule et de celle de sa blondasse en minijupe perchée sur des talons de 10 centimètres..(j’ai rien contre non plus…). L’imbécile heureux dont le quotient intellectuel ne dépassait pas le chiffre de la température anale, était sûr et certain que ce VMAX, qu’il avait acheté, était donc libre et faisait 200cv …. En fait, il était stock et c’était un des derniers modèles, ce qui fait qu’il ne s’approchait que péniblement des 93cv…. au vilo………. En sortant du magasin avec son dragster, notre mythomane du sentier ajustait ses Ray-bans pendant que sa poupée Barbie tentait de monter sur la selle sans que toute la rue ne s’aperçoive que son string panthère allait avoir bien du mal à cacher un émoi bien légitime… Véro, toujours taquine, lui lâche : « Méfiez-vous, ça lève encore un peu en troisième » avant de rentrer dans le magasin et de me lâcher : « A mon avis, une fois rentré rue St Denis, y va devoir nettoyer la selle passager……quel con. »…… La vacherie des Femmes entre elles, m’étonnera toujours… Ceci dit, j’me suis bien marré…. Dudu, alias Duval, c’est notre pote à tous. D’origine Haïtienne, fervent supporter du Père Aristide et accessoirement laveur de motos chez nous, ce black rondouillard qui marche le bide en avant nous aime tous comme ses Frères et on le lui rend bien. Eternellement boudiné dans un survet’ crado et un peu petit pour lui, il lave les meules comme personne : il y met toute sa passion pour les gens. Un samedi soir alors qu’on allait fermer, Achille, dont la tête de repris de justice aurait fait peur à Jack Torrance, se met en tête de faire une blague à notre blackos préféré. Achille, c’est un vrai psychopathe, la preuve : y roule dans une vieille 404 bâchée qu’il fait immanquablement burner devant le magasin, tous les soirs en partant, moteur froid. Capable des pires conneries avec un sang-froid que ne renierait pas Neil McCauley, ce trépané du bulbe changeait un pneu sur une meule en moins de 3 minutes montre en main, gonflé-équilibré-posé….. Alors que Dudu était tourné vers le magasin, une éponge à la main pour nettoyer un PC800 crado, Achille passe discrètement derrière lui et d’un coup sec lui baisse le survet’ jusqu’aux chevilles, découvrant un bengala g’os comme un b’as de bébé…. En voyant ça, Véro, en regardant par dessus ses lunettes, n’a rien trouvé de mieux à dire que : « ah ben c’est pas une légende, alors….). On a dû planquer Achille dans le bureau du boss peske Dudu voulait le découper avec sa machette…. A mon avis, il lui aurait même sûrement mangé un bras… Déguster une Leffe Radieuse glacée quand on crève de soif, c’est un peu comme mettre un pied au paradis. En ce jour béni où j’ai essayé mon premier 500RG GAMMA, je n’ai pas pu rentrer au magasin comme ça, directement. J’ai posé mon fiacre à la terrasse d’un rade, histoire de profiter des 50cl d’adrénaline pure que m’a injecté le meilleur deux temps de route jamais construit, et d’admirer l’engin. Un élastique. Un PUTAIN d’élastique. Comme avec un lance-pigo, sauf que le cailloux c’est toi. Complètement déstabilisé par le coup de pompe dans le cul que je viens de prendre, je coince les gaz en grand, histoire de voir si en seconde je vais prendre la même mornifle dans les ratiches. Immédiatement, je prend la clé de contact dans la visière : elle s’est foutu à l’équerre avec une brutalité inimaginable. Le regard au loin, je tire chaque rapport en zone rouge dans un miaulement suraigu, accompagné d’un coup de pied au cul comme j’en avais encore jamais pris (et pourtant j’en ai pris…). Le crépitement du 4 pattes se transforme en miaulement sitôt passé 7000tours, tandis que le train avant s’envole à chaque accélération. J’ai jamais rien retrouvé d’aussi envoûtant. Bien planqué dans la bulle, j’ai longtemps usé et abusé des accélérations prodigieuses du quatre en carré : j’ai vidé un plein sans même m’en apercevoir… Ce jour là, le soleil d’Avril a découvert les gambettes de ces dames ; l’adrénaline m’a envoyé au fond de moi-même, le regard lointain, et la Leffe m’a une fois de plus purgé de mes idées noires et de mes tourments…. Une bonne journée ! Mais on a eu aussi un putain de lot de galères… On a failli perdre Greg, qui un midi n’est pas rentré avec son 900Ie. En tombant, il a pris les trois antivols en U qu’il avait dans son sac dans la nuque et est resté de nombreuses heures dans le coma. Quand il en est sorti, j’étais là avec P’tit David (des Accessoires) et il n’avait plus que 50 mots de vocabulaire, il répétait toujours la même chose, David chialait comme un gosse…. P’tit David, lui, on a failli le perdre 100 fois. Y roulait comme un dingue, toujours à donf, et y tombait tous les deux mois. Son 900CBR 92 était tapé et envoyait une purée démentielle. Pour se calmer sur la route, il avait décidé de faire du circuit et il s’était inscrit à la 500CB Cup. Ben un jour qu’il s’entraînait à Magny-Cours, y s’est bourré à 180 au fond des stands et à glissé sur 80 mètres sous mes yeux. Ce jour là, je me suis surpris à prier très fort… Marc, notre vendeur obsédé, a littéralement traversé un chevreuil avec son 600FZR à plus de 220 dans la forêt de Fontainebleau, et il est même pas tombé…. Benito, un mécano, lui il a foutu un môme en l’air avec son 200DTR alors qu’il traversait entre deux bagnoles, le môme est resté paralysé, et lui y continue à payer… Hervé le pilote a couru en Endurance au sein du team La Poste sur un RC30 et a fait de bons résultats, mais sa gentillesse était malmenée par le boss à qui il devait une bonne partie du 250TZ sur lequel il avait couru en championnat de France, et il est parti fâché. Donc, la CIMO, c’était ça. Un melting-pot de dégénérés de la poignée complètement incontrôlables mais unis par une amitié tenace et une passion commune. Malheureusement tout à une fin et la fin de la CIMO fut déplorable : j’me suis fait virer sous le prétexte fallacieux que j’avais retourné le bureau de mon boss sur sa gueule. Il en a profité pour me niquer sur mes indemnités de licenciement. Le boss, lui, a confondu son portefeuille avec celui de la boite et a dû laisser un syndic tenir le chéquier, avant de devoir céder ses parts à un acheteur qui ne fut autre que La grande blonde… Tout le monde est parti, petit à petit, l’ambiance s’est ternie et les histoires ont miné le moral des survivants. Quand Bruno le mégalo a quitté la turne, la qualité des occasions a baissé jusqu’à entacher sérieusement l’image du bouclar. On s’est un peu tous perdus de vue, mis à part quelques contacts épisodiques. Quand on se croise par hasard, c’est toujours un grand moment mais très vite on se reperd. Véro est partie aider son mec à tenir son hôtel à Barbès, je crois bien être le seul à savoir qu’elle aurait voulu mieux que ça… Cathy, victime d’un harcèlement quotidien du boss, pleurait comme une fontaine dès qu’on lui disait quelquechose, elle a fini par démissionner, la mort dans l’âme parce qu’elle était là depuis le début, et qu’elle adorait bosser avec nous… Mon pote Fallou (de l’administratif) a monté un bouclar dans le même style Porte d’Orléans qui s’appelle Rive Gauche Motos (RGM) et qui marche de la folie. Vous pouvez passer le voir de ma part, vous serez toujours bien reçus. Claire a tenu les accessoires d’une petite concession Suzuki en banlieue sud, avant de se faire virer …. ses charmes ont encore dû lui jouer des tours… Dudu, lui, le plus ancien, présent depuis le début de l’aventure est toujours là…c’est le seul. Putain, faut qu’ j’aille le voir…. Dernière mise à jour: 28-08-2007 18:34
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