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Ecrit par Wouakenwol, le 03-07-2007 23:48
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Toujours en avance à mes rencards, je fais le pied de grue depuis au moins deux plombes au bar du « Massena », un rade sordide de la porte d’Italie.

Personne…

Fagotté comme un punk-sdf en vue de descendre dans les carrières de Paris, un sac crado chargé d’une grosse Maglite, de mes plans et de quelques bougies, je sirote ma binouze en attendant patiemment. Vu la merde pour se garer dans le quartier, j’ai pas hésité à décrocher des barrières de chantier pour planquer mon 205GTI dans les travaux, à l’abri des regards…

Pourtant zoungern m’avait bien dit 18h…

2 plombes et demi et 5 bières plus tard on est au complet.

Les Frères zoungern, Flying’ alias le Hollandais volant, Jakko et sa meuf Méla, notre ami Martin1340 et Arnaud « B12 ».

Vu qu’aucun d’entre vous ne connaît tout le monde, je vais vous parler le plus fidèlement possible du peu que je connais d’eux…

Honneur aux Femmes :

 

Mélanie est une charmante jeune Femme blonde avec des couettes de 20 printemps, qui n’a pas froid aux yeux, un brin destroy, et solidement dotée d’un caractère bien trempé… Elle est la compagne de Jakko.

D’un gabarit poids plume, elle s’est montrée remarquablement à l’aise dans les catas, se jouant des difficultés comme si elles n’existaient même pas. Son regard est déterminé, étonnamment d’aplomb. Elle respire le goût de l’Aventure et de tout ce qui est légèrement barré…Il n’y a qu’un truc qu’elle n’aime pas, à part l’eau, c’est les raccourcis…

 

Jakko, lui, tout le forum a pu maintes et maintes fois constater sa bonne humeur et son état d’esprit extrêmement intègre : un gars sur qui on peut toujours compter.

D’une discrétion étonnante à tout moment, il est toutefois un peu plus prolixe sur le forum.

Toujours à l’affût d’une discussion intéressante, il acquiesce toujours sympathiquement et ne vexe jamais personne quand il n’est pas d’accord, tout simplement parce qu’il a la manière…Les potes comptent pour lui, c’est à n’en pas douter. Il a le regard profond des mecs différents qui ont déjà compris l’essentiel malgré leur jeune âge.

 

Daniel, personne ne le connaissait malgré qu’il soit le guide de l’expédition. Frère aîné de notre webmaster préféré, il lui ressemble beaucoup mais avec plus de tranquillité. Ce mec est calme et intéressant, et ne loupe visiblement jamais une occasion de faire la teuf.

N’étant visiblement pas d’un naturel inquiet, il n’a jamais paniqué malgré, je cite : « son incapacité à lire un plan… »… Visiblement doté d’une humeur égale il sait écouter et prendre l’avis des autres. Un gars très agréable à côtoyer, en tout cas.

 

Cyril, beaucoup d’entre vous le connaissent un peu, ne serait-ce que par sa manière de gérer le site et par ses réactions. Légèrement plus petit de taille que son frangin, il étonne par sa bonne humeur constante et son sens de la répartie, ainsi que par son humour décapant, voire même corrosif, qui touche tout ce qui passe …

Bon meneur, rassembleur, parfois expéditif, ce qui compte pour lui, c’est les potes et la teuf (entre autres, je suppose..) et il est toujours attentif à ne laisser personne sur le carreau.

 

Martin1340, beaucoup aimeraient le connaître, et ils ont raison…

Discret mais jamais à l’écart, il ne loupe rien des conversations et sors toujours un complément d’information bien à propos. D’un gabarit très charpenté, abondamment nourri aux meilleures bières de son plat pays, il a souffert dans les couloirs de moins d’1,30m de haut avec 30cm d’eau. Malgré un sac lourd et encombrant, on ne l’a jamais entendu se plaindre bien que quelquefois il aurait eu de quoi. Une force tranquille, voilà ce qu’il m’inspire, un gars qui est là, bien présent, comme quelqu’un sur qui on peut s’appuyer.

Le bon état d’esprit au bon moment.

Ceux qui connaissent Arnaud n’ont pas pu louper sa gentillesse et sa capacité à apporter de l’aide aux autres. Probablement le plus grand d’entre nous, c’était aussi un des plus âgés et sa maturité s’est révélée précieuse dans bien des cas. Joyeux drille à table, il n’est jamais le dernier à lever le coude et à raconter une anecdote. C’est d’ailleurs le seul à être venu en moto du Pô d’Côlaiis, preuve d’une passion encore intacte malgré son grand âge…

 

FlyingDutchman, alias le Hollandais volant, de son vrai nom Evert, c’est du concentré.

On s’est trouvé tout de suite.

Costaud, charpenté, il ne perd jamais une occasion de raconter une connerie, bon vivant, épicurien même, sincère, cohérent et sacrément boute en train, il a fait marrer tout le monde à tout bout de champ. Un putain de fouteur d’ambiance.

A inviter absolument si vous voulez vous pisser dessus de rire…

 

Pendant qu’on transvase la bouffe (liquide, la bouffe !!) amenée par le boss dans chaque sac, on fait tous connaissance fébrilement.

Vu l’aspect pas tibulaire, mais presque, qu’on dégage, faut se magner pour pas se faire repérer ; et c’est plein d’entrain que nous descendons les Maréchaux à pied en direction de la Petite Ceinture.

Pour ceux qui ne connaissent pas la Petite Ceinture, c’est une voie ferrée qui fait le tour de Paris. Elle servait au siècle dernier au transit de marchandise puis aux voyageurs jusqu’en 1934. Depuis, elle est abandonnée, malgré les nombreux projets de réhabilitation, et quelque part, c’est tant mieux…

Elle est parfois encaissée, comme ici dans le 14ème :

 

 

 

 

parfois au niveau du sol, comme ici dans le 13ème :

 

 

Ou encore quelquefois aérienne :

 

 

 

J’ai toujours voué une passion sans bornes aux friches en tout genre, aux endroits abandonnés, et la PC a une place toute particulière dans mon cœur. C’est un endroit en friche au milieu de la ville, de là on observe la vie, la ville, complètement déconnecté du temps et des réalités.

La PC, c’est aussi un lieu qui réunit de nombreuses possibilités de descente dans les anciennes carrières de Paris. Ces accès se présentaient autrefois sous la forme de puits à échelon, mais ils ont tous été bouchés (ceux de la PC) par la brigade des carrières qui voyait d’un très mauvais œil la fréquentation en hausse du sous-sol Parisien.

Surtout pendant Vigipirate.

Sur la première photo, la petite cahute sur la droite abritait il y a 20 ans un de ces puits. Il est désormais noyé sous plusieurs tonnes de béton.

Ceci n’a pas empêché les inconditionnels de creuser dans les murs des tunnels pour rejoindre leurs galeries préférées.

 

Souvent, l’entrée dans les tunnels, ça ressemble à ça :

 

 

Rien qu’en regardant cette image, l’excitation monte d’un cran…

Il m’est arrivé, il y a bien des années, de faire la moitié de la PC à pied, soit une quinzaine de kilomètres, et sans lampe…

Vu le nombre de tunnels, faut avoir le moral … surtout seul…

Un grand moment d’adrénaline…

 

Au détour d’un immeuble, dans un ensemble parfait, nous avons fait demi-tour sans que personne ne se soit concertés…Faut dire que les 3 flics qui stagnent près de la porte du garage nous ont un peu fait monter le trouillomètre…Heureusement ils nous tournent le dos, et c’est sous l’impulsion des Frères zoungern que nous passons devant eux sans traîner.

Soyons désinvoltes, n’ayons l’air de rien…

En fait ce sont plutôt des mecs d’une société de surveillance, et ils nous foutent la paix malgré l’aspect pour le moins louche qu’on se traîne.

Immédiatement derrière on longe la PC et 50 mètres plus bas on profite d’un trou dans le grillage le long d’un jardin public pour « sortir » de la ville en intégrant la voie ferrée …

Les lumières de la ville s’atténuent, l’aventure commence…

L’excitation monte encore d’un cran, tous les yeux sont écarquillés pour s’habituer à la pénombre, l’adrénaline nous réchauffe les artères.

On se pose derrière les buissons pour s’équiper à l’abri des regards et sortir les lampes.

Martin1340 est chargé, un peu trop d’ailleurs, il galèrera une bonne partie du parcours avec une bouteille de vin un peu encombrante.

Flying’ cherche fébrilement sa lampe qui s’est égarée tout au fond de son sac, Mélanie prépare ses sacs poubelle pour échapper à la flotte du sous-sol, Jakko, toujours discret s’équipe en silence, et les Frères zoungern commencent à potasser le plan. Je fais plus ample connaissance avec Arnaud, qui va atterrir tout à l’heure chez moi pour pioncer quelques heures avant de remonter dans le Nord.

Heureux de me retrouver là parmis mes nouveaux potes, je revis avec une joie intérieure profonde ma place en ce lieu que je n’ai pas revu depuis une dizaine d’années.

Je hume les odeurs d’humidité, de goudron qui s’échappe du ballast et j’écoute en souriant les bruits de la ville confusément étouffés par la végétation et les immeubles qui surplombent la voie ferrée. A notre droite un tunnel sombre, prolongé à 200m de là, je le sais, par une ancienne station…

On se raconte encore quelques conneries de moto avant de s’enfoncer plus avant dans le noir, manière à nous d’évacuer un petit peu notre stress… stress profondément positif dans mon cas….

S’aventurer de nuit dans un endroit interdit et mystérieux au cœur même de la ville à quelque chose de profondément jouissif…

J’ai toujours aimé les endroits interdits : je considère que s’ils sont interdits ils n’en seront que plus intéressants…

Ma curiosité me perdra… peut-être…

Pour le moment nous marchons à petit pas, au rythme des traverses, en direction du tunnel de gauche, surplombés par quelques immeubles dont les occupants vivent une petite vie bien tranquille, confortablement assis devant un jeu télévisé à la con.

Je reconnais les anciens entrepôts de la Sernam, où il y a 20 ans, j’avais pillé en compagnie d’une escouade de zozos dans mon genre, un wagon de marchandise plus ou moins abandonné regorgeant d’effets militaires (Rangers, treillis, casquettes etc etc…)…

Cet endroit est désormais en grande partie démoli et tagué, mais les souvenirs me remontent, j’en suis même assez ému.

J’aurais voulu sur le moment expliquer à tous ce que j’avais pu vivre ici quand j’étais plus jeune, c'est-à-dire… quand Mélanie n’était pas née…

Si on m’avait dit alors, que 20 piges plus tard je me retrouverais là en compagnie de 6 motards aussi crasseux que moi et d’une nana pour le moins pas trouillarde, j’aurais eu bien du mal à le croire…

300 mètres plus loin, c’est le tunnel.

Noir, énorme, inquiétant.

Nous sommes aux aguets, inquiets à la perspective de se faire serrer par la maréchaussée.

Paradoxalement, on se sentira plus à l’abri dans les carrières, malgré le véritable dédale qu’elles offrent aux curieux.

Faut y aller.

Instinctivement on s’est séparés.

Eparpillés sur toute la largeur du tunnel, par petits groupes, nous guettons l’entrée qui, parait-il, est assez petite pour qu’on la loupe…

Des gouttes d’eau tombent bruyamment de la voûte, occasionnant immanquablement un jet de lumière de nos lampes à l’endroit approximatif où elles s’éclatent.

Nous cherchons des rats, en fait il n’y en a pas, je n’en ai vus qu’une fois ou deux en une vingtaine de descente.

Pas mal d’ordures jonchent le sol, traces inciviques de branleurs qui abandonnent là le résultat de leurs fiestas alcoolisées ; ou méga poubelles de sdf qui ont trouvé dans ce lieu une température stable et un toit pour s’abriter.

Beaucoup de tags sur les murs, mais rien de vraiment magnifique.

Au milieu des voies, les canettes vides côtoient les piles usagées et les restes de bougies, souvenirs de précédents visiteurs cataphiles.

Une précédente entrée complètement bouchée au béton nous a inquiété sur les possibilités de descendre, mais heureusement 200 mètres plus loin, un trou creusé à même le mur du tunnel a été aménagée par de vrais enragés : démolir 2m² d’un mur de moellons épais d’un bon mètre et vieux de 2 siècles, faut avoir le moral…

Les choses sérieuses commencent…

Méla enfile ses sacs poubelles aux pieds, certaine que l’eau ne montera pas au dessus des mollets… Pourtant elle connaît les catas…

Jakko toujours silencieux boucle son sac et termine de s’équiper. Tout le monde est pressé de descendre.

Seul FlyingDutchman tchatche sans arrêt, visiblement pas impressionné.

Pourtant c’est sa première descente, mais on sent le mec qui se maîtrise et qu’en a vu d’autres.

Martin1340 est calme et suit le rythme en silence.

Daniel, l’aîné tout entière de parachutistes …

C’était sans compter la soif de notre Hollandais volant….

Et puis c’est parti.

Daniel est descendu en tête zoungern est un habitué des lieux et s’est chargé juste ce qu’il faut, tandis que Cyril tente de boucler un sac plein à ras la gueule qui aurait pu servir à nourrir et surtout abreuver, une section, suivi de Cyril, Mélanie, Jakko, Arnaud, Flying et Martin. Je fermer la marche, fidèle à mon habitude. J’ai toujours aimé sentir ce vide derrière moi, cette sensation un peu flipante que le danger pourrait survenir de l’arrière…

Et pis j’aime pas qu’on me colle.

J’éteints ma lampe et jette un dernier regard à gauche : rien. Le noir complet. J’écoute, à l’affût, les bruits du tunnel.

Un dernier regard à droite, mon cœur se serre… Une lampe, peut-être deux, là bas tout au fond du tunnel, 3-400 mètres environ. Visiteurs amis ou hostiles ?

C’est souvent là toute la question…

Je me glisse dans le noir de l’ouverture, ça tourne tout de suite à droite, c’est parti.

On se retrouve au premier carrefour pour se compter et faire le point sur la direction à prendre, on ne sait pas encore très bien où on va se poser, ça se décidera en route.

On n’a pas fait 50 mètres par 1,20m de plafond, que déjà la boue blanche et la flotte si caractéristique des carrières nous trempe les grolles jusqu’aux chevilles.

En gros, ça ressemble à ça :

 

A l’origine, les carriers qui exploitaient cette tranche de calcaire creusaient selon la technique du pilier tourné. En gros on exploitait la veine au maximum en creusant et on laissait quelques piliers. Plus tard, devant les filets d’eau qui s’infiltraient partout et qui provoquaient des fontis menant tôt ou tard à des effondrements en surface, comme ici à Clamart en 1966 :

 

 

 

l’IGC (Inspection Générale des Carrières) a procédé méthodiquement dès le 18ème siècle à des consolidations globales. C’est ainsi que de grandes salles ont disparu, comblées, bouchées, et que le réseau de rues souterraines a été construit.

Pour s’y repérer, on a reproduit en sous-sol la configuration de la surface, ce qui fait qu’on pourrait tout à fait s’y retrouver avec un plan de Paris classique…

De plus l’IGC a fait placarder des plaques avec les noms des rues de la surface. Il n’en reste malheureusement que très peu, la plupart ayant été « emportées » par des visiteurs indélicats. Je reconnais que c’est un super souvenir, mais bon, du coup, désormais pour s’y retrouver, les cataphiles taguent les murs à la bombe d’un sigle personnel qu’ils seront seuls à reconnaître…

Les seules plaques de rues restantes sont en fait les plus anciennes car elles n’étaient pas en plaque émaillée mais directement sculptées dans le mur.

En fait ces cavités sont improprement appelées « Catacombes », elles ne sont pas de véritables catacombes comme à Rome par exemple. Ce sont en fait des anciennes carrières de pierre à bâtir. On construisait autrefois les maisons de la surface avec les pierres du dessous, d’autant plus que cette veine de calcaire est d’excellente qualité. On les a appelées catacombes à partir du moment où, à la Révolution, on a fait vider par des bagnards les cimetières Parisiens qui débordaient, notamment le cimetière des Innocents, dans les anciennes carrières à l’emplacement actuel des catacombes visitables, sous la Place Denfert-Rochereau.

Nous sommes ici dans le 14ème arrondissement, et comme toutes les carrières de la rive gauche, le calcaire y est omniprésent, contrairement à la rive droite et aux carrières de Montmartre qui elles, sont en gypse, matière première servant à la fabrication de plâtre. Ceci, malgré leur grande taille, les rend beaucoup plus fragile, le gypse étant soluble dans l’eau.

Nous nous retrouvons donc sous la rue Nansouti à nous demander par où nous allons bien pouvoir passer, vu que d’après le plan, beaucoup de passages sont murés (par les flics). L’option de la rue de La voie verte (rebaptisée rue du Père Corentin en surface) semble se propager, avec son lot d’humidité, le but étant de rejoindre les alentours de la salle de La Plage, ou Le Cellier.

Rapidement Jakko et Mélanie prennent les choses en main en prenant la tête, vu qu’elle se rappelle « à peu près » du chemin…

 

- « Mais, siii, j’en suis presque sûûre, je crois bien que c’est par là…. »

- « Mélanie, ce qui nous gêne, c’est le « presque »… »

 

200 mètres plus tard, on souffle comme des phoques, cassés en deux par le plafond bas et de l’eau jusqu’aux chevilles…

Au carrefour suivant, Cyril annonce : « Bon, faudrait pas qu’on en perde, comptez-vous … »

-       « 1 »….

-       « 2 »….

-       « 6 »….

-       « 12 »…

des vrais gamins…

-       « Bon, ok, on y va… »

Quelques demi-tours plus tard…une ou deux chatières plus loin…nous arrivons enfin à La Plage. Cette salle est indéniablement la plus connue des cataphiles et a été nommée ainsi en raison du sable omniprésent sur le sol.

 

 

 

Imaginez un vide de 200 ou 250 M² plein de piliers tournés et haut d’environ 2 mètres.

Il n’y a rien de spécial à y voir, c’est plutôt un lieu de rencontres et de fiestas.

Tout le monde commence à avoir sérieusement les crocs et les estomacs crient famine, mais zoungern et Méla préfèrent un endroit plus sympa et plus tranquille, et c’est donc à La Chaumière que nous atterrissons, fébriles et assoiffés…

La salle est petite mais confortable, des bancs de pierre sont aménagés autour d’une table de calcaire brut.

Pendant que certains vident les sacs, d’autres allument des bougies et préparent les appareils photos.

Il faut dire que l’instant est mémorable.

Cyril, toujours de bonne humeur, déconne à pleins tubes, visiblement heureux d’être là.

Il est à noter d’ailleurs que la complicité des Frères zoungern (surnom donné par leurs parents quand ils étaient minots) fait chaud au cœur…

 

 

 

Pendant qu’on attaque les chips et une bière bien méritée, les conversations reviennent immanquablement à la meule : on aura parlé de tout, mais on revient systématiquement au R et à notre passé d’ancien combattant motocycliste.

Mélanie écoute patiemment les discours des vieux baltringues que nous sommes sans trop se moquer…Martin écoute en silence et se fait même charrier par Flying…

Quelques godets plus tard, nous sommes faits comme des rats, et on doit nous entendre jusqu’aux réservoirs de la Vanne…

Le rosé a fait son effet sur Cyril et Daniel qui rigolent sans arrêt, tandis que j’ai jetté mon dévolu sur une fort sympathique bouteille de Bourgueil emporté avec tendresse et délicatesse par notre ami Evert…

Les méfaits de l’alcool :…

 

 

 

Arnaud reste sage et nous abreuve d’anecdotes sur le KMX de sa jeunesse, Jakko est affalé sur sa banquette en dur et participe à tout avec une bonne humeur visible.

Tous incroyablement heureux de s’être connus dans ces conditions et l’alcool aidant, les histoires de R, de bourres mémorables, de gamelles, de voyages, pleuvent.

On en oublierait presque que nous sommes à 20 mètres sous la plus belle ville du monde…

Un premier groupe se pointe vers notre salle, on les entend arriver. Quand ils voient que la place est prise, ils font demi-tour en nous saluant.

Un peu plus tard, un deuxième arrive, mais détale à toute berzingue quand il entend qu’il y a du monde…

Le troisième, sur notre invitation, se joint à nous et on fait connaissance. Ce sont des étudiants habitués des lieux, et l’une d’entre eux, visiblement morte de faim, ne se fait pas prier pour attaquer les rillettes, mais –honte à elle- sans coup de rouge…

En fait leur truc, on va vite le piger, c’est plutôt les cigarettes qui font rire….

Ils restent 3 bons º d’heure, on discute, c’est cool.

Leur leader est un mec fort sympathique, curieux de tout et plutôt ouvert. Les autres sont plus timides. Ils se moquent gentiment de nous quand on leur demande pourquoi eux n’ont pas les pompes trempées et nous répondent « ah, vous êtes passés par la Voie verte ?... »…

Les catas, c’est aussi ça : un bon moyen de se faire des potes ou au moins des connaissances intéressantes.

Après leur départ on tchatche encore un bon moment en picolant et sur le coup de 2h30 du mat’ on décolle : chacun à a faire le lendemain et on a encore de la route.

Ce fut sans aucun doute trop court, il faudra renouveler ça avec plus de temps.

 

Là, avec Evert, on est un peu fatigué…

 

 

 

J’ai volontairement repris les photos de chacun, vu que les miennes sont encore dans mon frigo…

 

Arrive l’épisode du raccourci…

Pour revenir à la sortie on a le choix entre le chemin qu’on a pris un peu involontairement à l’aller –La rue de la voie verte-, et un raccourci qui coupe de façon non négligeable par la rue de la Tombe Issoire.

Mélanie n’est pas chaude pour s’éloigner des chemins qu’on connaît, mais devant l’insistance du groupe, elle cède à contrecoeur et nous prenons à gauche…

Très vite l’eau monte…

En tête du groupe j’avance rapidement, de l’eau aux genoux en me demandant si ça va monter encore longtemps…tous me suivent sans trop sourciller à distance, vite rameutés par la gouaille de notre ami FlyingDutchMan qui leur fait savoir, la bouteille à la main, que c’est bon, on a pied…

Mélanie insiste pour revenir sur la voie verte, quand, de l’eau jusqu’à mi-cuisse, le sol commence à remonter…évidemment, on ne fait pas tous la même taille…et les cuissardes improvisées en sac poubelle de Méla sont vite submergées…

Ce qui provoque un floc floc à chacun de ses pas, dans l’hilarité générale…elle râle bien un peu pour la forme, mais se rend vite à l’évidence : c’est trop tard…

Le vin aidant, une chanson que me chantait ma Maman.. euh non, mon Capitaine, me revient en mémoire, et c’est fidèlement appuyé par mon compagnon de picole Flying que nous entamons les premières mesures de « En revenant de Nantes… »…

A chaque refrain, je le rejoins à l’arrière pour partager un goulot aviné dans une bonne humeur communicative teintée de bonne camaraderie et de franche rigolade…

Puis, rapidement la fraîcheur s’installe, on sent qu’on approche de la sortie et je reprends la tête pour émerger dans le tunnel. On baisse le ton pour ne pas trop se faire repérer, au cas où, mais à mon avis c’est peine perdue : vu le bordel qu’on fait, si on est attendu à la sortie, ils ne vont pas nous louper…

Silencieusement, lampe éteinte, je risque la tête hors du souterrain et guette le moindre bruit ou la plus petite lumière.

Rien.

Je rejoint les autres, récupère mon sac et on remonte sur la voie ferrée. Putain la température n’est pas la même, la vache !

Trempés jusqu’en haut des jambes, les 2 ou 3 petits degrés de l’extérieur nous promettent des courbatures pour le lendemain…

On range notre bordel et on reprend la voie ferrée en sens inverse, pressés de nous réchauffer. Je quitte avec regrets ce lieu enchanteur et mystérieux à la fois.

Je me retourne une dernière fois, observe les lieux avec une pointe d’amertume en me promettant de revenir très bientôt. Une fois sur le trottoir, malgré l’envie d’aller nous reposer, on n’avait pas envie de se quitter. On a discuté un peu, pris quelques photos et on s’est dirigé vers les bagnoles pour se dire au revoir dans la station service de la porte d’Italie.

LA photo de groupe :

 

 

De gauche à droite et de bas en haut :

Martin1340, Cyril, Méla

Jakko, Daniel, Flying’, Arnaud et votre serviteur.

A tous ceux que cet endroit intéresse, je recommande fortement le bouquin à nouveau réédité de Patrick Saletta : « A la découverte des souterrains de Paris ».

Meublé d’images superbes et de l’histoire complète des carrières, c’est LE bouquin incontournable sur ce site oublié.

J’aurais encore des milliers de choses à vous raconter sur les carrières, et notamment tout ce qui concerne mes descentes d’avant 1990. J’ai conservé un tas de documents, plans, prospectus, photos de cette époque bénie que je partagerais volontiers avec ceux que ça intéresse une prochaine fois…

Dans le but de rétablir une vérité difficile à admettre, je me vois contraint ici d’avouer que si on est resté si peu de temps en dessous, c’est de ma faute, vu qu’ils m’ont attendu 2h30…………

L’avantage d’être le scribe d’un groupe, c’est qu’on peut toujours tourner les évènements à notre avantage…

 

La morale de cette histoire, c’est qu’il ne faut jamais éviter de venir faire la foire avec des potes, même si on les connaît pas.

 

Puis, on s’est séparés en se promettant de se revoir très vite pour partager à nouveau des instants magiques comme ceux-là, en espérant que nous seront encore plus nombreux la prochaine fois, et on a repris le chemin de nos foyers, le chauffage à fond (sauf Arnaud…), heureux, fatigués et bien décidés à renouveler l’Aventure à la première occasion.

 

Une sacré aventure…


Dernière mise à jour: 12-02-2009 10:56

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