| Endurance |
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Alexander Campbell, le nez collé dans le compte-tours de la NR à pistons ovales, vient juste de passer en vitesse lumière dans la ligne droite des stands, explosant littéralement la meilleure des RVF d’usine pilotée par Dominique Sarron… Le bruit effrayant, rauque et plat du NR à 18000 tours rappelle un peu le rugissement d’un tigre en colère, et c’est avec des frissons dans le dos qu’on assiste, incrédules, à la rentrée dans la nouvelle chicane Dunlop du prototype aux 32 soupapes à une vitesse avoisinant les 290km/h…. Cette nouvelle chicane, personne n’en voulait. Il faut dire qu’elle a fait baisser la vitesse de passage sous Dunlop de 30 bons km/h, et que ceux qui ont connu l’ancienne configuration sont carrément déçus : les machines ne lèvent presque plus avant le freinage de La Chapelle et le spectacle en a pris un coup. Sauf que…..la machine de Campbell, Nemoto et Roy nous a tout de suite jeté à la gueule que cette année il fallait compter sur elle : elle est la seule à lever l’avant à 45° sous Dunlop, elle fout 20km/h à la meilleure des RVF (celle de Sarron/Mattioli/Battistini) et son accélération relègue le Faucon Millénium de Yann Solo au rang d’un 103SP kité75… Mon 125RDX aux couleurs Eddy Lawson a drôlement ronflé pour rejoindre la Sarthe et les cliquetis de refroidissement du bicylindre sont toujours une douce mélodie pour le passionné de 2 temps que je resterai toujours… J’ai toujours aimé l’Endurance : l’ambiance y est magique. En plus c’est plutôt rentable 24h de course, vu le prix du billet…. La première heure de course nous a tout de suite mis dans l’ambiance : cette année les RVF sont de véritables avions. Elles domineront outrageusement ces 24H (23 heures en tête !!!) et les deux 750R du SERT de Moineau / Le Bihan / Tournadre et Bertin / Delcamp / Sabatier ont bien du mal à suivre. Depuis 1986, on est entré dans une ère Honda, et Kawasaki n’est pas encore ressuscité de ses cendres : Samin, Bolle et Thierry Crine sur la 750 GPX sont carrément à la ramasse par rapport aux autres usines. Il faut dire que les 157ch/158 kg de la NR la propulsent en tête de tous les vaisseaux les plus rapides de la galaxie. Même les systèmes de propulsion des OVNIS basés sur le principe de la magnétohydrodynamique n’ont aucune chance… Le genou droit au ras du vibreur, Alexander Campbell (alors journaliste le plus rapide du monde) libère d’un coup les 157cv de son V4 dans un affolement de soupapes et un hurlement sourd, profond et rauque à glacer le sang. Le bond en avant qui le propulse immédiatement de la passerelle Dunlop vers la descente de La Chapelle envoie la roue avant vers le ciel avec une brutalité que n’aurait pas renié la NSR de Michaël Doohan, à l’époque seul moteur non big-bang du HRC, immédiatement aborté par un freinage de trépané qui a pour effet de lever la roue arrière de 20cm sur 150 mètres, tandis que des retours de flammes bleues de 30 centimètres claquent bruyamment à la sortie de l’unique silencieux. Tandis que l’entrée de la NR dans la Chapelle hypnotise la foule, Sarron tente un exter dans le souffle du proto, et c’est côte à côte que la RVF et la NR giclent du dernier droite, s’élançant dans une course-poursuite infernale en direction de la courbe du Musée. Dans ce premier quart de circuit, et au premier tour, ils ont déjà mis 10 mètres à Le Bihan qui avait pris le départ sur la Suz officielle numéro 2. Les repose-pieds déchirent le macadam du Musée, balançant des gerbes étincelles. Les deux machines au coude à coude bataillent pour prendre la tête. On sent que la NR est plus rapide, à chaque accélération elle prend deux mètres à Sarron qui doit sortir le grand jeu pour ne pas se faire bouffer. L’honneur est en jeu, ça se sent… On sent aussi que son expérience et son talent parlent : Campbell est devant parce qu’il a une machine plus puissante, pas pour son pilotage. Dominique Sarron, complètement déchaîné, tente de ramarrer ce putain de prototype hypervéloce dans le but évident de rétablir une hiérarchie jusqu’à présent incontestée… La descente du Musée sur le Garage Vert m’envoie des bouffées de chaleur : sous nos yeux médusés la NR colle deux mètres au RVF en pleine accélération, la roue avant à 20 centimètre du sol. Jamais rien vu d’aussi puissant. Elle est bourrée de couple, ça se sent et à chaque remise de gaz, le constat est le même : elle ridiculise la meilleure machine mondiale… C’est pas grâve : le Chemin aux Bœufs va permettre à Sarron de passer. ERREUR ! Depuis cette année le Chemin aux Bœufs n’est plus une cassure hyper sélective : ils en ont fait une chiée de chicane !! Et la NR reste devant…… Les deux machines au coude à coude oscillent de concert dans les S bleus dans un mouvement gyroscopique ondulant tandis que Sarron guette la moindre faute de l’Anglais : il est littéralement collé dans son cul et lui fout une pression pas possible…. Tout le monde sait en son fort intérieur qu’un Anglais ne DOIT PAS gagner au Mans…. Le RVF est plus maniable, ça se voit, on sent que le NR a une inertie supérieure, il vire moins bien que sa cousine. Au raccordement, toute la tribune s’est levée quasiment en silence, hypnotisée, abasourdi, le cœur serré, le souffle retenu et le bide tendu à mort, attendant avec angoisse le verdict de ce virage serré dont la trajectoire conditionne toute la ligne droite des stands. D’un coup, une explosion de cris et de martèlement de planches libère cette tension insupportable : Sarron est passé... Il a d’abord pris une trajectoire qui laissait supposer qu’il allait prendre large, pour finalement, alors que Campbell l’attendait sur sa gauche, casser d’un coup sa trajos et lui taper l’intérieur… Dans ma tribune, c’est le délire, ça gueule à tout va. Le Bihan bataille comme un malade pour ne pas se laisser distancer, le moteur de son R hurle la mort mais on sent bien qu’il a du mal : trois ans après la sortie de la première GSXR d’usine, Honda a réagi et a trouvé des chevaux pour ses RVF : des chevaux sur toute la courbe… contrairement au R qui ne marche vraiment qu’après 9000 tours… Le casque incarcéré dans le réservoir du RVF, Dominique monte tous ses rapports en profitant au maximum de sa courbe de couple, mais rien n’y fait : les pistons ovales, ou plus exactement oblongs, propulsent miss Never Ready dans un jappement rauque vers la galaxie la plus proche… La machine se tend, se raidit, la roue avant décolle en force du bitume et reste à 20cm du sol pendant 200mètres, tandis qu’un frisson incontrôlable racle le dos des spectateurs abasourdis. 300 visages décomposés assistent, livides, à la remontée du NR dont le son surpuissant et caverneux arrache des bouffées d’adrénaline, tend tous les muscles et fait écarquiller les yeux du public qui n’en revient pas encore. Chaud bouillant, putain…. Plus tard, petit à petit, le soir est tombé sur la campagne Mancelle. La température aussi et l’humidité s’est installée. Les premiers feux de palettes se sont allumés, improbables barbecues improvisés. Le bois se faisant rare, j’ai même vu un mec à dix mètres de haut assis dans un pin, en train de couper une branche minable avec la scie d’un couteau suisse… Si c’est quelqu’un d’entre vous, qu’il se fasse connaître : j’ai une photo à lui donner…. Je sais pas comment il est redescendu, mais vu la hauteur et le manque de branches, ça a dû être chaud…… Au loin, dans le camping, on perçoit les hurlements furieux des machines menées au rupteur à l’arrêt, entrecoupés des hachements du coupe-circuit occasionnant des retours de flammes de 40 centimètres…. A la sortie des échappements libres et enflammés, certains font brûler une insipide merguez rabougrie arrosée d’une bière dont la bouteille est verte et dont le nom commence par Heine et fini par kein. Tandis que je bouffe un sandwich-andouillette local cuit à la 10W40 qu’a déjà fait au moins 15000 bornes sur le toit de la tribune surplombant les stands, mes bruyants voisins Bretons démarrent à la ficelle un moteur de 4L vissé sur une palette dont l’échappement mégaphone couvre admirablement le passage des plus bruyantes machines d’usine…. Après chaque coup d’accélérateur, un tollé général monte des gradins derrière moi, en cœur, à l’unisson ; tandis que 57 cannettes de Kro montent de concert vers le ciel…. Putain d’ambiance… C’est ça l’endurance : une putain de fête pendant 24H. A cette époque, on pouvait monter dans la tribune au dessus des stands et s’asseoir sur le parapet, juste au dessus des machines, on avait les jambes qui pendaient à 50cm au dessus de la tête des mécanos… On assistait alors à la vie des équipes et les photos qu’on pouvaient prendre avaient de la gueule : un ravitaillement pris du dessus à 3 mètres des machines, ça jette…désormais cette tribune est payante et on n’a plus accès au parapet… De même que partout sur le circuit la seule séparation entre les coureurs et le public, c’était un petit mur de béton d’1 mètre de haut et parfois, sous Dunlop par exemple, les machines passaient si près qu’on voyait les yeux injectés de sang des pilotes, en tendant la main on aurait pu les toucher… désormais trois rangées de grillage de 3 mètres de haut interdisent toute photo correcte : les autofocus collent sur les mailles… La bouffe aussi était plutôôôt…exotique. Des nombreux traiteurs locaux au mec lambda qui est venu avec sa bouteille de gaz, tout le monde en profitait. Les prix étaient vraiment corrects et surtout la bouffe, variée (avariée pour certains…) et couleur locale. Désormais, un seul et unique fournisseur, étalé sur de nombreux stands, propose une graille banale et aseptisée, autant que chère. La nuit est magique. Avec Eric et mon Frelot, on s’est collé pile au dessus du stand de la Suzuk n°2 (on était déjà vacciné GSXR). Dominique Méliand est toujours debout malgré l’heure tardive. A mon avis ce mec ne dort jamais pendant une course d’endurance. Il tourne en rond, discute avec l’un, l’autre, ramasse un truc qui traîne, réorganise le rangement, nettoie un outil ou suit son bébé du chrono. Ce mec est cool, mais ferme. Ca se voit, c’est un acharné, un putain de passionné. Un très bon chef, je pense. L’atelier est nickel, on pourrait bouffer des nouilles avec les clés plates ou désosser une côte de bœuf à la multiprise. Tandis que le ballet incessant et monotone des échappements libres colore la nuit, le stand est éclairé violemment. Une meuf, mignonne, assise dans une chaise haute et emmitouflée dans son blouson bleu et blanc prend les chronos d’Hervé Moineau qui a pris son relais il y a 10 minutes. Et nous, juste au dessus, on assiste incrédules à une descente lente et progressive des chiffres : il tourne plus vite de nuit que de jour ! Il claque aussi 1 seconde au tour à Le Bihan qu’est déjà pas un tréteau…. La technique de Moineau, je la connais : il compte. Raccordement : gaz en grand dans les stands jusqu’à la chicane Dunlop 1..2..3..4..5..6..7..8, Entrée sur les freins en droite serré dans la chicane, 1..2..3..4..Violent bascul sur la gauche puis droite et remise des gaz en grand sur un angle de fou, 1..2..3..4..5..6, Passage sous Dunlop, l’avant monte à 80cm du sol 1..2..3..4..5, Freinage violent à La Chapelle, 1..2..3..4..5, Lâcher des freins, prise de corde, et trajos arrondie 1..2..3..4..5..6..7, Remise des gaz progressivement puis de plus en plus fort pour gicler sur le Musée 1..2..3..4..5..6..7..8..9..10 Lâcher de gaz, freinage moyen et entrée dans le Musée (virage relevé) 1..2..3..4..5..6, Gaz à mi-course toute la courbe, le repose pied gauche traîne par terre et fait des étincelles dans la nuit sur 150 mètres, 1..2..3..4..5..6..Ouverture des gaz à fond et descente sur le Garage vert 1..2..3..4..5..6..7..8..9..Freinage de trappeur pour le droit à 90° 1..2..3..4..5, suivi du deuxième droit à 90°, on arrondi les deux courbes 1..2..3..4..5..6..7..8..9, Puis gaz à fond avec le Chemin aux bœufs en ligne de mire 1..2..3..4..5..6..7 et entrée dans un gauche à 120°, gaz 3⁄4 1..2..3..4 droite 120° et montée des 6 rapports vers les S bleus 1..2..3..4..5..6..7, Cassure droite en légère descente pour un gauche méchant 1..2..3..4..5..6, c’est la partie la plus lente du circuit, 1..2..3..4..5..6..7, Entrée dans le raccordement et possibilité d’intégrer les stands 1..2..3..4, Remise des gaz en grand pour la ligne droite, montée des 6 rapports pour 270km/h tout au fond….. Je l’ai vu une année, rouler dans un léger brouillard à la même vitesse…. Cette méthode permet en fait d’être très régulier, et puis, Moineau, Le Mans, c’est son jardin…. A l’époque de la cassure du chemin aux bœufs, il était LE SEUL à ne pas couper, rien qu’à cet endroit il mettait 1⁄2 seconde à tout le monde. Sur le parapet, à une heure du mat’, une dizaine de fous furieux bravent le froid de la nuit (on est en Avril, c’est souvent un peu juste…), la passion brûle en eux comme un grand feu de joie. En les regardant derrière moi, je prend conscience de la valeur du terme « Frères de la route ». L’Endurance, c’est une communion. Bien plus que les GP, où on vient voir un spectacle. L’Endurance, ça se regarde pas. Ca se vit. De l’intérieur. Un partage avec des potes ou des mecs qui pourraient le devenir. Tous ensembles dans la même galère : si il pleut pendant 24h, tout le monde est trempé pendant 24h et aucun d’entre nous ne céderait sa place, pour rien au monde, putain, non, surtout pas. Les meules avec lesquelles tous sont venus sont très très proches de celles qui courent, chacun s’identifie à un équipage…et le R est une machine mythique : tous le savent, tous, ou presque (il y a toujours des brebis égarées…)… Les Ducats le sont presque autant, mais comme elles ne tiennent jamais 24h…..leur présence tient plus du folklore que de la vraie performance… Et pis, l’Endurance, c’est un public pas sage… comme moi… Une sacré belle bande de sales mômes un peu cradingues qui n’attache pas d’importance à la mode, aux fringues ou aux lois… Tous un peu frappés, un peu hors-la-loi, un peu irrespectueux, ils ne vivent rien à moitié et n’ont peur que d’une chose, c’est que le ciel …oui, enfin… bref. Bruyants, sales, un peu alcooliques, fêtards comme personne, leurs chefs de file sont INCONTESTABLEMENT les Bretons. Forts en gueule, leurs meules leur ressemblent : des trucs qu’avoinent sérieux, pas des engins de tapettes. Des 1000RX, des 900Ninja, des 1000Tomcats, des 750 et des 1100R ou encore du GG, tous libres. Des engins hors norme, toujours sur des bases Kawa ou Suz, souvent râpés des deux côtés avec des pots qui hurlent leur race, à glacer le sang Royal de Ségolène, mais qui, eux, les fait bien marrer… surtout au rupteur : quand ya des flammes…. J’ai vu de mes yeux des mecs hirsutes rouler sans gants sous la neige avec trois grammes sous chaque œil et envoyer une patate kommack, avec des trajectoires propres et le sourire au lèvres, une seule chose comptant : rouler ensembles. J’ai vu de mes yeux ces mêmes mecs bardés de cuirs poussiéreux recouverts d’une veste en jean cradingue aux couleurs d’Iron Maiden, avachis par des milliers de bornes sous la flotte, le froid, la neige ou même le cagnard ; monter des tentes minables pour leur meuf après 300 bornes par 0°, pour que madame ait un minimum de confort, alors qu’eux ne pensaient absolument pas à dormir ailleurs qu’à la belle auprès du feu. J’ai accompagné ces mecs 50 bornes par 3° sous une pluie battante pour trouver de la bière parce que la Préfecture avait interdit la vente d’alcool juste pour le week-end des 24h dans tous les supermarchés à 30 bornes autour du Mans. L’avantage, c’est qu’on n’a pas croisé beaucoup de condés (pardon David !). Mais les 3 packs de 48 (chacun, on était trois…) n’en menaient pas large sanglés à la Kro-magnon sur le siège passager avec 70° d’angle… J’ai partagé des Chippos dégueulasses et pas cuites sur des feux de joie qui n’étaient là que pour rassembler le cœur des vivants… J’ai veillé à partager ma cirrhose avec eux, dans un concert de Devils, Martins, Yoshs, Vances, Kerkers, hurlant à l’unisson leur bonheur d’être ensembles. Pendant que beaucoup pogotaient sur les rifs de Nono, Parabellum ou Noir Désir, je m’enfilait une énième binouze en respirant les vapeurs d’eau oxygénée qui émanaient du Drag de Danny Dieudonné, en me demandant si ça poussait comme la fusée Apollo, ou plutôt plus ? J’en ai vu certains burner comme des aliénés pendant que leur pote balançait une giclée d’essence sous le pneu du 11R dans un hurlement de fin du monde, occasionnant une putain de gerbe de flammes qui s’enroulait autour du pneu, tandis que le pilote arc-bouté sur le frein avant levait le doigt en l’air en beuglant comme un homme de Neandertal…. sous les yeux médusés mais incrédules de motards de la Gendarmerie, qui ont eu l’intelligence de prendre le parti d’en rire… J’ai vu des mecs tellement bourrés que leurs meufs, aussi insensibles à la douleur que leur mecs, les portaient vers la tente avec une belle gerbe sur le cuir, et pas de fleurs, la gerbe….. J’ai vu des mecs debout à 9 sur le toit de leur 4L de ravitaillement qui s’étaient approchés du mur pour voir la course… en guise de course, ils ont vu de près l’affaissement de l’habitacle du véhicule susnommé… J’ai braillé aux côtés de mes Frères pour encourager ce pilote privé qui s’est vautré avec son 1100R (catégorie Production à l’époque) dans le S avant Dunlop, et qui devait se taper tout le circuit en poussant sa meule soit environ 3,5km parce qu’on ne doit pas revenir en sens inverse… On l’a accompagné en courant à côté de lui de l’autre côté du muret pendant tout le long du circuit. Quand il est rentré dans les stands, on a bien cru qu’il allait s’écrouler, ivre de fatigue, mais il a tenu et nous a souri …. On en aurait chialé.
Dernière mise à jour: 28-08-2007 18:31
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