Deux vieux papets qui jouent à la belotte à la table voisine sirotent leur pastaga à petites lampées silencieusement.
Ils on t les traits forts et ridés des vieux du midi qui ont passé toute une vie au soleil.
Leurs mains raides et noueuses n’ont rien perdu de leur adresse et leurs gapettes, si j’en juge par leur couleur, ne quittent jamais leurs crânes depuis longtemps polis au Belgom alu.
Une quinzaine d’autres assoiffés tapent le cochonet sur le boulodrome en gueulant à qui veut l’entendre, que, Bonneu Mèèreu, c’est indéniable, le point est à eux.
Ginette, la serveuse, elle, elle a des seins, comme des Dunlop.
Sa copine, aurait plutôt des escalopes.
Dernière mise à jour: 28-08-2007 18:30
Immersion dans la lumière (2ème partie)
Ecrit par Wouakenwol, le 03-07-2007 23:46
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50
Suite de la première partie.
Dans les 5h45 (j’ai jamais de montre), le jour se lève. Les reins endoloris je m’assois face à La Lance, la gueule un peu de travers et le cul qui pique. Pour la énième fois de la nuit je me suis redressé et j’ai observé les alentours en silence. Je suis invisible, complètement absorbé par le paysage. Les vignes sont sombres ; la route, gris clair ; la campagne bleutée. La lune a enfin disparu, laissant une impression de désolation, mais aussi un certain soulagement. La nuit a été nerveuse, tendue, inquiétante. Je ne saurais jamais vraiment pourquoi. D’ailleurs, je ne veux pas savoir, je respecte profondément ces mystères de la nature. Je ne veux pas tout comprendre. Le soleil n’est pas encore sorti de son lit, le village du Pègue n’a pas encore émergé de l’ombre des vallons. Une brume légère monte du sol endolori, tandis que les étoiles s’éteignent une à une. Une odeur de thym humide embaume tout mon pays, les pierres elle-mêmes se réveillent, les arbres frissonnent, la lavande se tend vers le ciel, impatiente de se réchauffer au soleil. Quelques corbeaux croassent au loin, un merle s’enfuit bruyamment sous un buisson, la cloche de l’église du Pègue sonne 6h avec un peu d’avance comme d’habitude, tandis que quelques tracteurs sortent des fermes en ronronnant vers les vignes.
Dernière mise à jour: 28-08-2007 18:30
Voyage vers la lumière (1ère partie)
Ecrit par Wouakenwol, le 03-07-2007 23:44
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J’ai pas dormi la nuit dernière. Le bide tenaillé par l’excitation à l’idée de m’enfiler les 700 bornes en meule qui me mèneront demain dans mon pays, la Provence… Une douce, lente, mais permanente dose d’adrénaline m’a tenu éveillé jusqu’à l’aube, l’esprit surchauffé et embrouillé, inquiet aussi un peu, le cœur battant un peu plus vite que d’habitude… Je me suis tourné et retourné dans tous les sens, seul dans mon paddock sous la lune, me retrouvant immanquablement tous les quarts d’heure sur le ventre sur l’angle du matelas, le genou par terre dans un angle impossible tandis que dans mon rêve mon pneu arrière commençait à dériver doucement, la roue avant à 20cm du sol ………… me dites pas que ça vous arrive pas …… A 5h, n’ y tenant plus, j’ai finalement troqué mes bracelets de champion du monde de ma rue côté pair, pour ceux – bien réels, ceux-là – de mon binôme attitré. Les mains tremblantes, la douce chaleur de l’adrénaline me coupant un peu les jambes (ça me le fait rien qu’en le racontant…), les abdos tendus, le souffle court, je monte mon tapis de réservoir fébrilement entre deux cafés, en passant la sangle en dessous en faisant gaffe de pas coincer le câble des gaz. Très important, ça, le câble des gaz .... La sacoche a pris sa place, tout juste à moitié pleine : je n’aime voyager que léger. A part mon duvet, mon appareil photo, la combine de pluie et mon couteau, ya pas grand-chose... Mes cartes détaillées trônent bien en vue contre le road book que je me suis fait. En plus il faut que je puisse me coucher sur la sacoche pour rentrer la tête dans la bulle, vu le besoin d’air que j’ai ... Le plein est fait, le niveau d’huile aussi, la chaîne est tendue et graissée et la révision n’est pas vieille. La plaque est « salie » , le bidon d’huile Castrol solidement arrimé au dessus de ma combarde de cuir sur le siège arrière et ma visière noire propre. Je suis prêt.
Dernière mise à jour: 28-08-2007 18:30
Dies Irae (Jour de colère)
Ecrit par Wouakenwol, le 03-07-2007 23:41
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Aujourd’hui, pas de meule. Comme toutes les vacances en famille. Aujourd’hui, on va à Carcassonne… C’est beau Carcass’, c’est trèstrèsbeau (bon allez on s’casse)… Un traquenard. Un PUTAIN de traquenard. Moi qu’aime pas la foule et qu’ ai besoin d’air, j’ai cru crever. En arrivant, déjà, tous les parkings sont pleins. On crève de chaud. Ya pas d’air. Devant l’entrée principale de la Cité, environ 2 à 3000 personnes. Des Français, des Etrangers, en famille. Tous en famille.
Dernière mise à jour: 28-08-2007 18:32
Endurance
Ecrit par Wouakenwol, le 03-07-2007 23:40
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Alexander Campbell, le nez collé dans le compte-tours de la NR à pistons ovales, vient juste de passer en vitesse lumière dans la ligne droite des stands, explosant littéralement la meilleure des RVF d’usine pilotée par Dominique Sarron… Le bruit effrayant, rauque et plat du NR à 18000 tours rappelle un peu le rugissement d’un tigre en colère, et c’est avec des frissons dans le dos qu’on assiste, incrédules, à la rentrée dans la nouvelle chicane Dunlop du prototype aux 32 soupapes à une vitesse avoisinant les 290km/h…. Cette nouvelle chicane, personne n’en voulait. Il faut dire qu’elle a fait baisser la vitesse de passage sous Dunlop de 30 bons km/h, et que ceux qui ont connu l’ancienne configuration sont carrément déçus : les machines ne lèvent presque plus avant le freinage de La Chapelle et le spectacle en a pris un coup. Sauf que…..la machine de Campbell, Nemoto et Roy nous a tout de suite jeté à la gueule que cette année il fallait compter sur elle : elle est la seule à lever l’avant à 45° sous Dunlop, elle fout 20km/h à la meilleure des RVF (celle de Sarron/Mattioli/Battistini) et son accélération relègue le Faucon Millénium de Yann Solo au rang d’un 103SP kité75… Mon 125RDX aux couleurs Eddy Lawson a drôlement ronflé pour rejoindre la Sarthe et les cliquetis de refroidissement du bicylindre sont toujours une douce mélodie pour le passionné de 2 temps que je resterai toujours…